Les neuf jours du cafard

Les neuf jours du cafard

"Les 9 jours du cafard" a reçu le Prix du Polar Normand 2020... à l'unanimité du jury, s'il vous plaît. Comme son titre l'indique, "Les 9 jours du cafard" se déroule sur 9 jours subdivisés en 9 chapitres. Le prix de sa version poche (mai 2021) est de... 9,90 euros. Tout un symbole ! Ce roman raconte une double enquête qui se déroule des deux côtés de la Manche. Pourquoi ? Parce que le coupable est protégé par une duchesse dont la seule crainte est d'avoir Langsamer sur l'enquête. En conséquence, elle l'oriente sur une piste parallèle, espérant que le vieux limier se laissera abuser. 

Un peintre célèbre est victime d'un crime passionnel dans le manoir d'un grand haras normand. Sa propriétaire, une duchesse écossaise, vole au secours du coupable qui est aussi son hôte. Elle veut à tout prix le protéger car il s'agit d'une personnalité de premier plan qui se cache derrière un surnom, "Le cafard". Connaissant la faible perspicacité de la police locale, la duchesse va chercher à neutraliser la seule personne susceptible de découvrir la vérité : Langsamer. Ancien commissaire de Deauville, ce dernier jouit d'une retraite paisible dans la station balnéaire. De temps à autres, il prête main forte à ses anciens collègues mais il le fait à titre bénévole car il aime se faire prier. Pour l'éloigner, la duchesse lui lancera un défi improbable qui l'amènera dans la capitale historique du sport hippique, en Angleterre.

Evoluant entre l'espace et le temps, à travers le passé et le présent, le Suffolk et le pays d'Auge, Langsamer va mettre 9 jours à résoudre cette énigme. Une énigme dont le rebondissement final en surprendra plus d'un ! 9 jours... c'est aussi le temps que met un cafard (l'insecte) pour mourir quand on lui coupe la tête. Ce roman relate l'agonie virtuelle d'un très haut personnage qui, au bout de 9 jours, se verra contraint à la démission. Mais il s'en passera des choses durant ces 9 jours... ne serait-ce que la découverte d'un autre cadavre et l'exploration d'un milieu social où le vernis dissimule mal la noirceur de l'âme.

Une ambiance très "agathachristienne" orchestrée par un Langsamer, maître du jeu. 

Extrait

- Il faut que tu viennes. Tout de suite.

- Je suis en train de prendre mon petit-déjeuner.

- Il faut que tu viennes, insista la voix. 

- Que t'arrive-t-il ? 

- Viens !

- Tu as tendance à te répéter. 

- Je ne plaisante pas, Malvina. 

Lady Malvina comprit que son interlocuteur ne plaisantais pas. Sa voix était calme, fluide, bien timbrée. Elle ne trahissait aucune forme de panique mais cette insistance inhabituelle induisait une urgence liée à une situation peu ordinaire. L'aristocrate détenait ce sixième sens animal qui l'alertait des vrais dangers. 

- Que s'est-il passé ? demanda-t-elle.

- J'ai tué Romain. 

Un être aux facultés émotives standards

 aurait cédé à l'exclamation de circonstance. Lady Malvina Pullborough n'était pas faite de ce bois-là. Le bois étant, par ailleurs, une matière beaucoup trop tendre pour entrer dans la composition d'une telle femme. 

- Je finis mes oeufs et j'arrive. 

Là encore, n'importe quel interlocuteur normal aurait pu s'émouvoir d'une telle désinvolture, à la suite d'un aveu fracassant. Mais l'homme au téléphone, s'il avait commis un faux pas, savait retomber sur ses pieds. La logique et l'esprit pratique avaient repris leurs droits. Que Malvina sautât dans sa voiture et vînt lui porter secours à tombeau ouvert... ou qu'elle prît le temps d'achever ses oeufs au bacon, ne changeait rien à l'affaire. 

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