SLIMANI LEILA

Romancière française née le 3 octobre 1981 à Rabat (Maroc).

Leila Slimani est née d'un père banquier, haut fonctionnaire marocain et d'une mère franco-algérienne, médecin (ORL). 

Elle a passé son bac à Rabat, en 1999, puis a poursuivi ses études à Paris, au lycée Fénelon. Devenue journaliste, elle entre à Jeune Afrique puis s'en retire pour se consacrer à l'écriture romanesque, tout en restant pigiste. 

En 2014, elle publie son premier roman, "Dans le jardin de l'ogre", et, deux ans plus tard, elle décroche le gros lot avec le Goncourt pour "Une chanson douce"  (voir ci-contre). 

Amie et soutien d'Emmanuel Macron, Leila Slimani appartient à l'establishment franco-marocain, situation sociale et financière qui favorise la sérénité chez un écrivain qui peut se consacrer à l'écriture sans penser aux contingences du quotidien. "Une chanson douce" peut être classé dans le genre polar, même si le jury du Goncourt s'y est intéressé. Auparavant, Pierre Lemaître, auteur de polars, avait lui aussi été récompensé par ce prestigieux trophée, même si l'oeuvre distinguée n'avait rien de commun avec le genre.  

Une chanson douce avec... beaucoup d'aigüs !

Le Prix Goncourt de "Chanson douce" a lancé Leila Slimani dans le grand bain de la littérature contemporaine. C'est un des bons millésimes des récents Goncourt, avec Houellebecq, Pierre Lemaître et quelques autres. 

"Une chanson douce" raconte l'histoire d'une baby sitter qui a de très gros problèmes psychologiques. Comme tous ces genres de personnages, elle se présente comme une "perle" dans les premières pages du livre. Et puis, peu à peu, sa névrose obsessionnelle apparaît, pour finir par le drame que l'on sait... puisque, dès le début du livre, l'auteure tue le suspense... et les deux enfants, dont la baby sitter a la responsabilité. Et elle ne fait pas dans la dentelle ! 

On l'a compris, tout l'intérêt du livre tourne autour de la personnalité de la baby sitter, ainsi que de la progression graduelle de son obession. Et là, chapeau ! C'est très bien fait. Le dosage est parfait. On commence en rose bonbon et l'on finit par l'horreur, rouge sang ! La prise de conscience des parents, écartelés entre leur vie professionnelle et privée, est aussi très intéressante car elle oscille entre lâcheté et incrédulité. La vérité qu'on ne veut pas voir car elle vous arrange. 

Un roman pas follement réjouissant mais très intéressant./

"Une chanson douce" de Leila Slimani (Gallimard). Ma note :  18/20.