ROGER-JON ELLORY

Roger-Jon Ellory est un écrivain britannique né à Birmingham en 1965.

                     Priorité abslolue !

La biographie de Roger-Jon Ellory est, à elle seule, un roman. Un roman qu'il aurait pu très bien écrire, l'intrigue fût-elle fictive. Hélas pour lui (mais pas pour le lecteur), elle est loin de l'être. 

Né d'un père qu'il n'a jamais connu et d'une mère, actrice, décédée d'une pneumonie foudroyante à l'âge de 28 ans, il sera élevé par sa grand-mère, de santé chancelante, elle aussi. A telle enseigne qu'on le place en orphelinat où il découvre le plaisir de lire. Il a 16 ans quand sa grand-mère meurt ; elle laisse le jeune Roger-Jon sans ressources. Livré à lui-même, il survit, avec son frère unique, de petits larcins qui vont lui valoir trois mois de prison. A sa sortie, il n'a pour toit qu'une maison sans électricité ni chauffage. Toutefois, l'adversité n'impacte en rien ses ambitions artistiques puisqu'il monte un groupe de rock baptisé Manta Rays. Là encore, la poisse l'attend au tournant. Le batteur du groupe, asthmatique, ne supporte pas le froid et succombe. 

Cette fois, la résilience va jouer en sa faveur puis Roger-Jon se tourne (on pourrait dire ENFIN) vers l'écriture. Entre 1987 et 1993, il rédige une vingtaine de romans, excusez du peu ! Mais la guigne ne l'a pas abandonné. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il n'arrivera pas à se faire publier. Il s'acharne pourtant et fait preuve d'une rare pugnacité. Las, durant cette période, il recevra... 600 lettres de refus, envoyées par 120 éditeurs. Il lui faut attendre 2003 pour qu'une grande maison d'édition (Orion) accepte de publier "Candlemoth" ("Papillon de nuit", voir ci-dessous). A partir de là, la carrière littéraire de Roger-Jon Ellory va s'envoler. Les best-sellers s'enchaînent et "Seul le silence", son premier roman traduit en Français, obtient le prix du roman noir du Nouvel Obs. 

Bien que résident en Grande Bretagne, Ellory explore les sombres profondeurs de la paranoïa américaine qui composent, majoritairement, son univers littéraire. 

  Ce papillon ne veut pas mourir. Bouleversant !

J'ai déjà dit plus haut tout le bien que je pense de l'oeuvre de Roger-Jon Ellory : un auteur majeur dans l'art du polar qui est en train de devenir un auteur majeur, tout court. Car "Candlemoth" ("Papillon de nuit en Français") pose des questions qui vont bien au-delà de l'intrigue policière. L'intrigue existe, elle est bien présente (surtout à la fin !), mais ce roman ouvre un débat sur la peine de mort et l'Amérique des "sixties" qui dépasse largement le cadre du roman policier. 

Les personnages principaux (et même secondaires) sont d'une force rare, leur histoire nous prend les tripes et même, chose assez rare (du moins pour le lecteur que je suis), on souffre avec eux. 

Et ce n'est pas une souffrance fictive. 

Car, après avoir tourné la dernière page, il faut quelques temps pour se remettre de la "torture psychologique" infligée par monsieur Ellory. 

Chapeau maestro !

Candlemoth (Papillon de nuit) de Roger-Jon Ellory. Ma note : 20/20

"Les anonymes" (A simple act of violence, titre original), de Roger Jon Ellory, est un des meilleurs polars que j'aie jamais lus. C'est un peu idiot et restrictif que d'écrire cela... mais j'avoue que c'est l'impression que j'ai ressentie après avoir tourné la dernière page. On a un sentiment de soulagement, l'attention (et la tension) se relâchant d'un coup et puis... un sentiment de frustration parce que tout s'arrête. Comme face à une boîte de chocolats vide, quand on a avalé la dernière griotte ! Comparaison stupide, je vous l'accorde... mais c'est aussi ça l'addiction à l'encre. Il se dégage de ce thriller une puissance qui dépasse largement les limites du genre. On navigue dans les entrailles de la politique étrangère américaine en partant d'une simple enquête, la "simple" traque d'un tueur en série. Tout est "simple" dans ce roman, même le titre en Anglais. Sauf que ce "simple" là veut tout dire... sauf médiocre. Plus on avance dans l'intrigue, plus on mesure la dimension des personnages. 

C'est du grand art et même - j'ose le dire - de la grande littérature. 

Je ne déplore qu'une chose... qui n'est pas du fait de l'auteur : la traduction du titre par "Les anonymes". Ce titre ne reflète qu'imparfaitement l'esprit du livre. Pourquoi ne pas avoir traduit littéralement le titre original ? "Un simple acte de violence". Ce titre est d'autant plus marquant que c'est la dernière phrase du livre, dans sa version originale. 

Ma note : 20/20