ROBERT LITTELL

Ecrivain américain né à New-York (Brooklyn) le 8 janvier 1935.

Robert Littell vient d'une famille de juifs lituaniens qui se sont expatriés aux Etats-Unis en 1885. Comme beaucoup d'auteurs, il commença par une carrière de journaliste. Grand reporter, spécialiste du Moyen-orient, au très prestieux magazine Newsweek, il se fit remarquer par sa couverture de la guerre des six jours. 

Il passa très vite à l'écriture romanesque et obtint la notoriété à travers ses romans d'espionnage dont le plus connu est "La compagnie", dont Hollywook a tiré un film. Robert Littell n'a pas son pareil pour décrire la guerre froide et les échanges très ambigüs entre les deux blocs qui dirigèrent le monde durant les trois quarts du vingtième siècle. 

Son fils unique, Jonathan, a obtenu le Prix Goncourt avec "Les bienveillantes" en 2006.

Il partage son temps, aujourd'hui, entre la ville qui l'a vu naître et le département du Lot. 

                    Une formidable aventure schizophrénique....

Whao... quel bouquin ! 

On a fait de Robert Littel un maître de l'espionnage... mais il serait injuste de le laisser vivre dans une si petite niche. Il est sûr qu'il maîtrise tous les codes du genre ; cependant, il y a bien davantage dans ses romans et "Legends" en est le parfait exemple. 

L'action se situe à la fin des années 90. L'ex-URSS est en lambeaux ; c'est l'époque où les fameux oligarques se servent sur les restes du cadavre. On s'en doute, tel un oiseau charognard, la CIA survole le pays en décomposition et finit par s'y infiltrer. 

Tel est le thème général de "Legends". Maintenant, c'est aussi une histoire humaine d'une grande intensité où l'auteur, toujours aussi bien documenté, fait voyager le lecteur aux quatre coins du monde. Il le fait aussi voyager dans les tréfonds de l'âme humaine car "Legends" est également un roman sur ce que j'appellerai la schizophrénie artificielle. Les Legends étant les différentes identités que doit endosser un agent, selon la mission qui lui a été attribuée. Ses identités vont jusqu'à lui faire oublier qui il est en réalité. Quand il se fond dans la peau d'un personnage, le héros parle de ses autres legends comme s'il s'agissait d'étrangers. C'est troublant ! Nous sommes aux frontières de la réincarnation, orchestrée par une machine étatique et légale où l'on pratique la manipulation comme une technique, en marge des lois. 

Tout à fait passionnant ! Je ne lui mets pas la note maximum... en raison de quelques longueurs dans la narration.

Je l'ai lu en Anglais mais je crois qu'il a été traduit, sous le même titre. 

"Legends", de Robert Littell.                                                                                                                         Ma note : 19/20.

 

Pas d'ombre au tableau !

"Ombres rouges" ("An agent in place") est un magnifique roman d'espionnage, comparable au modèles du genre durant la guerre froide. Tout y est : action, atmosphère et personnages fortement estampillés, comme toujours chez Littell. L'expertise de l'auteur se ressent à chaque ligne. Un roman comme - hélas - on n'en fait plus beaucoup. Surtout depuis l'effondrement du bloc soviétique.

"Ombres rouges" de Robert Littell.            Ma note : 18/20.

De bien étranges soeurs....

Dans la grande tradition du roman d'espionnage, "Les soeurs" ("The sisters") est une oeuvre extrêmement trouble qui va beaucoup plus loin qu'une simple intrigue du genre. 

C'est un roman sur la dualité de l'être humain, la duplicité, le mensonge et surtout, la trahison. Le lecteur doit faire preuve de concentration pour s'y retrouver dans le rôle de chacun (qui dit la vérité ? Qui est sincère ?), c'est un voyage au fond de l'âme humaine sans savoir exactement ce qu'on va y trouver... mais la persévérance finit par payer. 

On y découvre les perversions de l'être et l'on en sort pas intact. Le lecteur sort de ce labyrinthe assez perturbé. Mais n'est-ce pas le but d'un bon thriller ? 

"Les soeurs" de Robert Littell. 

Ma note : 17/20.