QIU XIAOLONG

Romancier et poète chinois, né à Shangai en 1953.

Né au début des années 50, Qiu Xiaolong a subi de plein fouet les dommages de la révolution culturelle. Son père fut victime des gardes rouges et lui-même, alors âgé de 13 ans, fut interdit d'études. Il arrive quand même à apprendre l'Anglais et s'expatrie aux Etats-unis afin de parfaire son instruction à l'université Washington de Saint-Louis (Missouri). 

Après le massacre de la place Tian'anmen, Qiu Xiaolong s'installe définitivement à Saint-Louis où il soutient une thèse sur Thomas Stern Elliot, Prix Nobel en 1948 et auteur de la célèbre pièce de théâtre : "Murder in the cathedral". Qiu Xiaolong n'a pas quitté le Missouri, depuis, et Saint-Louis où il vit aujourd'hui.

Son oeuvre romanesque est fournie. Elle se passe à Shangai, sa ville natale, et consiste en des enquêtes menée par l'inspecteur Chen Cao. Dans ses romans, il est question de gastronomie, de politique et de corruption. Qiu Xiaolong met en relief les contradictions et les bouleversements de la Chine moderne avec un parti communiste omniprésent au sein d'une économie capitaliste.

     Le Simenon chinois.

Stupeur à la brigade des affaires spéciales de la police de Shanghai. Sous couvert d’une promotion ronflante, l’inspecteur Chen est démis de ses fonctions. Après tant d’enquêtes menées contre les intérêts du pouvoir, pas étonnant qu’on veuille sa peau. Forcé d’agir à distance, inquiet pour sa vie, Chen affronte l’affaire la plus délicate de sa carrière tandis qu’à la tête de la ville, un ambitieux prince rouge et son épouse incarnent le renouveau communiste. Alors que dans les rues résonnent les vieux chants révolutionnaires, ambition et corruption se déclinent plus que jamais au présent.

Avec une amère lucidité, Qiu Xiaolong réinterprète à sa manière le scandale Bo Xilai qui secoua la Chine en 2013. Chef du Parti à Chongqing, une mégapole de 30 millions d’habitants, Bo Xilai développa une opération contre le crime organisé : 5 000 personnes furent arrêtées – pas toujours à juste titre – et leurs biens confisqués. Il convenait aussi de chanter des chansons rouges, les chansons de la période maoïste.

Je lis toujours ses livres avec beaucoup de plaisir : ses intrigues se déroulent un peu comme dans les roman de Simenon. Très bien écrits. L’inspecteur Chen agit après toujours avoir longuement réfléchi. L'auteur agrémente ses romans d'un grand nombre de détails de la vie quotidienne en Chine. Notamment une description très précise des plats des déjeuners qui, pour nous occidentaux, sont étonnants. Ses nombreuses citations de poètes chinois , les « gros sous » (comprendre les gens riches)... cela m’aide aussi a comprendre le mode de pensée et la politique chinoise.

                         Alice Midal.

"Dragon bleu, tigre blanc" (Llana Levi), de Qiu Xiaolong.

                           Ma note : 16/20.