PASCAL CHABAUD

Ecrivain français, né en 1959 à Paris (France). 

Pascal Chabaud a fait ses études supérieures à la Faculté d’histoire de Paris-I.

En 1982, il est devenu proffesseur d’histoire-géographie à Issoire, et de cinéma, jusqu’à la réforme du lycée en 2018. Ensuite, il a effectué des recherches sur la politique forestière aux XVIII°-XIX° siècles, puis sur la représentation de la mine et des mineurs au cinéma et à la télévision. Parallèlement, il est devenu formateur en éducation aux médias à Paris et Lyon (publication en 2002 de Médias, pouvoirs et société aux éditions Ellipses).

"La mort d'un sénateur" est son premier roman. Il nous raconte cette aventure, ci-dessous : 

"Ce roman est l’aboutissement d’une démarche personnelle et de longues recherches.

La démarche, pour commencer : bien avant d’enseigner l’histoire, j’ai aimé en écrire. Des nouvelles (jamais publiées) « à la manière de… » René Barjavel, Edgar Poe. Lointaine période adolescente où je passais plus de temps au cinéma qu’à essayer de comprendre les cours d’algèbre. Puis vint le temps des études d’histoire, où, à travers le plaisir de la recherche je découvrais des histoires individuelles telle celle de Pierre Tillonbois de Valeuil, garde-marteau des forêts du comté d’Évreux, chargé d’appliquer le code forestier de Colbert. Puis ce fut le temps de l’enseignement, où « la marche de l’histoire » laissait de côté les hommes et les femmes pour ne s’intéresser qu’aux événements, ou à quelques personnalités aux rôles reconnus.

Des recherches ensuite : J’ai choisi l’été 1940 comme contexte de mon roman parce que ces mois de juin et juillet ont sans doute été ceux où les hommes de pouvoir ont dû faire des choix dramatiques alors qu’ils étaient dans l’incapacité de les faire.

Ce sont ces histoires individuelles aux prises avec l’histoire officielle que j’ai voulu raconter. Le métier d’historien consiste à confronter des documents entre eux, de les soumettre à la critique, et d’en faire l’analyse. Lorsque l’historien est romancier (ou apprenti…) ses personnages doivent faire face à des événements réels et s’y adapter. Pas l’inverse. C’est ce que j’ai essayé de faire avec Mort d’un sénateur. J’aurais bien aimé que l’inspecteur Dumont puisse aller à Paris fin juillet 1940, mais les communications étaient coupées par les Allemands jusqu’au début août…."

 

 Un formidable document.

"Mort d'un sénateur" est un formidable document sur la première année de l'occupation allemande en France (1940). On y voit l'installation boiteuse du gouvernement de Vichy, le début des restrictions alimentaires, la naissance du marché noir et l'influence d'organisations terroristes dans la chasse aux juifs et aux francs-maçons. Ces lignes nous rappellent que, tout compte fait, on n'est pas si mal en 2019... mais c'est un autre débat. 

"Mort d'un sénateur" nous montre aussi - documents de l'époque à l'appui - que les Français "occupés" (occupés à faire du business) étaient bien pires que les Allemands occupants. Et il ne s'agit pas (uniquement) de Laval ou de Pétain, dans l'ombre desquels se terraient de bien pires crapules !

Les romans historiques ont souvent quelques faiblesses du côté de l'intrigue. Il n'en est rien ici. Et pour cause, elle est triple. On commence par une enquête policière classique sur l'assassinat d'un sénateur franc-maçon et l'on bifurque sur un roman d'espionnage en passant par un crime passionnel. Tel un maître barman, Pascal Chabaud a su doser tous les ingrédients de ce cocktail. Pour un premier roman, "Mort d'un sénateur" est très prometteur. On souhaite évidemment à l'auteur, dans ses prochaines publications,  d'atteindre le niveau de ses inspirateurs (voir biographie, ci-contre).

"Mort d'un sénateur" (éditons de Borée), de Pascal Chabaud.

                          Ma note : 16/20.