LUIS-ALFREDO GARCIA-ROZA

Ecrivain brésilien né à Rio de Janeiro, en janvier 1936.

 Venu tardivement à l'écriture, Luiz Alfredo Garcia-Roza consacre 35 ans à enseigner la psychanalyse à l'Université fédérale de Rio de Janeiro, puis commence par publier des essais. Vien ensuite un premier roman, Le Silence de la pluie, qui connaît un franc succès au Brésil et aux États-Unis. Ce roman marque l'entrée en scène du commissaire Espinosa, qui réapparaîtra dans plusieurs de ses ouvrages.

Souvent comparé à Raymond Chandler, maître du roman noir américain, Luiz Alfredo Garcia-Roza bâtit des histoires à suspense qui mêlent humour et situations fortes, avec pour décor l'atmosphère souvent sordide des bas-fonds de Rio et les quartiers de Copacabana et Peixoto.

                                  Sur les pas de Stevenson.

Depuis que le Dr Artur Nesse a reçu en consultation un patient qui n'accepte de répondre qu'au prénom de Jonas, Jonas, tout court, sa vie a pris un tour inquiétant. C'est que le jeune homme, sous ses airs policés et urbains, s'immisce imperceptiblement dans la sphère privée du psychiatre. Ce dernier se sent suivi, puis poursuivi ; son angoisse vire à l'obsession. Fugues, lettres anonymes, menaces, homicides, les séances d'analyses se tendent. Et entre deux consultations, le charmant 'Jonas" se gagne les faveurs du personnel hospitalier depuis son poste d'observation : un banc de pierre à l'ombre d'un manguier, devant les fenêtres du Dr Nesse...

En fin lettré, le commissaire Espinosa convoque Dr Jekyll et M. Hyde près du tropique du Capricorne, pour tirer l'affaire au clair : le médecin est-il poursuivi par un dangereux psychopathe ou le patient persécuté par un praticien paranoïaque ?

Luis Alfredo Garcia-Roza joue en spécialiste avec toute la gamme des phobies, enchevêtrant à l'envi les ressorts du bien et du mal. Jamais les rues de Rio en hiver n'auront autant évoqué les pavés londoniens de Stevenson.

Mon ressenti : Je l’ai lu d’une seule traite Je trouve ce livre plus effrayant que des livres d’horreur, non par les actes de criminel mais par le mental des humains. Qui tue ? Qui est fou ? le patient ou le psychiatre ? Les deux ? Ou ?... C'est la grande question de ce court roman policier qui reprend le thème de Dr Jekyll et Hyde.

                                                                                                                                                                              Alice Midal.

"L'étrange cas du Dr Nesse", de Luis-Alfredo Garcia-Roza (Actes sud)                                                     Ma note : 18/20.

   Un polar hors normes.

Gabriel, vieux garçon vivant chez sa mère et fonctionnaire tranquille, vient expliquer au commissaire Espinosa qu'il craint de commettre un meurtre. C'est en effet ce que lui a prédit un devin moins d'un an auparavant et le délai évoqué touche à sa fin. Comment et de quoi inculper quelqu'un qui n'a rien fait ? Espinosa, précautions obligent, s'intéresse à l'affaire, même si rien ne justifie une arrestation ou un interrogatoire en règle. Il rencontre ainsi Olga, collègue de Gabriel, et la belle Irène, amie de celle-ci, dont la compagnie ne lui déplaît pas. Gabriel devient nerveux, angoissé, et cela n'échappe pas à sa pieuse maman possessive qui décide de mener elle aussi son enquête pour s'opposer aux forces du mal. Et voilà qu'un premier cadavre, sans doute lié à cette affaire, apparaît dans le paysage de Rio de Janeiro que commence à balayer le vent de sud-ouest annonciateur d'hiver et de malaise.

L'action se déroule à Rio. En ce début d'hiver, la ville est  balayée par les vents. Espinosa est grisé, par la beauté d'Irène et les demis qu'il engloutit en sa compagnie. Il fait de de longues promenades propices à la réflexion dans les rues de la ville en pensant à cette « affaire ». Gabriel est un personnage influençable, soumis à une mère abusive et ultra religieuse qui croit en Satan…. A cause des prédictions d'un voyant de pacotille ? Pas si sûr.... Le malaise remonte à l'enfance et à une mort déjà suspecte. Mais l'assassin de cette histoire n'est pas évident à découvrir. Espinosa a plusieurs théories et laisse aux lecteurs le choix du coupable. Une fin ouverte qui correspond très bien à l'ambiance de doute du roman. Un polar hors-norme, dépaysant, intrigant, au tempo lent.

                       Alice Midal.

"Bon anniversaire, Gabriel" (Babel), de Luis Alfredo Garcia-Roza.                Ma note : 18/20.