Le jour dernier

Noir'éditions

Ce thriller est unique car il se déroule sur vingt-quatre heures (d'où le titre) et respecte - presque - les trois unités de la tragédie classique : temps, lieu et action. Nous sommes le 25 décembre 2013. Un jour comme un autre où le rouge est la couleur de la robe du Père Noël... comme celle du sang. Rouge et noir, très noir... couleur de ce roman. Ce n'est pas du Stendhal mais ça se finit aussi mal.

Extrait

Etre né le jour de Noël devrait nous prémunir des facéties du destin.
Claude Martin, lui, a rapidement compris que son existence n'était pas un cadeau. Jockey médiocre puis écrivain sans lecteurs, il se laisse glisser vers le néant... lorsque le hasard d'une visite d'urgence à l'hôpital provoque un déclic suicidaire.

Toutefois, avant de tirer le rideau sur sa vie minable, il va régler quelques comptes. Et le compte à rebours va commencer.

Ce roman pose une question : peut-on réussir sa mort lorsque l'on a raté sa vie ?

La réponse à l'intérieur de ces pages.  

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Martin regarde fixement sa troisième pinte de bière. Comme une boule de cristal. Mais il n’y voit aucun avenir. Juste des tourbillons de mousse noirâtre.

Claude Martin a une face de crane vaudou dans un rituel du baron Samedi. Le genre de tronche qui ne respire pas la joie de vivre. Comme à la fin d’un film médiocre qu’on a hâte de voir s’achever, il a résolu de quitter la salle obscure de sa vie, sans attendre le mot FIN.

Ou plutôt… en l’écrivant lui-même.

Les yeux collés aux émulsions du liquide sombre, il se laisse gagner par une sensation de vide, proche de la léthargie. Il voudrait glisser vers cette lumière blanche en laquelle il préfigure la fin absolue, puis se volatiliser comme un gaz au contact de l’air.

Des éclats de voix le ramènent à la vie. Un homme robuste entre dans le pub, accompagné d’une petite blonde décolorée. Il est vêtu d’un trench et d’un chapeau mou. L’homme a une forte mâchoire et donne de la voix. A ses manières familières, on reconnaît un habitué. Les yeux de Martin se détournent momentanément de sa bière. L’homme disparaît dans la salle de restaurant, la blonde trottinant derrière lui.

Claude Martin est assis à la terrasse d’un pub irlandais sur les grands boulevards. Ils sont plusieurs à la suite, il n’en a choisi aucun. Il s’est assis au hasard, sous une lampe chauffante. Cette nuit de Noël est douce, mais pas comme dans la chanson (« Ô douce nuit… »). Dans le sens où la température anormalement élevée induit humidité et saleté. La réverbération de la vie mécanique sur la crasse luisante. On est loin de la carte postale où les rues enneigées font briller les yeux des enfants comme des lampions.

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