JOHN-ERICH NIELSEN

Ecrivain français né le 21 juin 1966

John-Erich Nielsen est un écrivain atypique. Et ce, pour plusieurs raisons. 

Il est son propre éditeur, son propre diffuseur, se déplace beaucoup - notamment dans les salons du livre où je le rencontre souvent - et... vend énormément sans bénéficier des réseaux ou de la logistique des grands éditeurs. 

De fait, le succès de cet ancien professeur d'Allemand, devenu militaire (capitaine) dans le renseignement, puis conseiller d'éducation, réside en une chose : la création d'une niche. 

Qui dit niche dit absence de concurrence. Cette niche s'appelle l'Ecosse et, d'ailleurs, pour bien signer sa marque de fabrique, toutes les couvertures des romans de Nielsen sont réalisées à partir d'un tartan écossais. 

C'est ce qu'on appelle un marketing intelligent. 

Et, comme il se doit, le personnage récurrent de tous ses polars est un inspecteur écossais qui répond au prénom alambiqué d'Archibald. Archibald Sweeney. La recette ne serait toutefois pas complète s'il manquait un ingrédient : l'intrigue à rebondissements, typique de la grande tradition anglaise du début du vingtième siècle. Sweeney est un détective nonchalant, un peu dilettante, consommant l'humour à forte dose sans trop le montrer, et aussi clairvoyant qu'un Poirot. 

Bref, il n'a qu'un seul défaut : il ne joue pas au golf. D'autant plus shocking qu'il se balade constamment avec un club sur l'épaule. 

Le 19ème est celui du... cimetière !...

"Meurtre au dix-huitième trou" (qui a été traduit en Anglais sous le titre de "Murder on the green") n'a qu'une valeur relative si l'on s'en tient purement au roman policier. 

L'intrigue est sympathique, les personnages aussi mais le tout est assez léger et, pour un rigoriste du genre, ça ne tient pas vraiment la route. 

Il faut le voir autrement. 

D'abord, les amateurs de golf y trouveront leur compte mais, là encore, Coben a fait beaucoup mieux dans le genre. Je pense qu'il faut l'inclure dans toute la série des Sweeney et ne pas l'isoler. On se trouve alors en présence d'un roman original, distrayant qui ne se prend pas pour ce qu'il n'est pas. 

J'avoue que j'ai passé un bon moment en le lisant... et pas seulement parce que je suis golfeur. 

"Meurtre au dix-huitième trou" de John-Erich Nielsen (Hoh éditions).       Ma note : 13/20.