Jean-François Vilar

Ecrivain français, né le 14 mars 1947 à Paris et décédé le 16 novembre 2014 à Paris.

Jean-François Vilar dit "n'avoir jamais aimé la littérature policière". Car... il "aime la littérature délinquante" ! 

Cette pirouette reflète le personnage.

Après avoir fait sa philo et son droit, Vilar entre à fond dans la révolution soixante-huitarde. Il est trotskyste et, dans la vie active, se conforme à son idéologie. Il devient journaliste au journal "Rouge' jusqu'à ce qu'il trouve sa voie dans l'écriture romanesque.

Cela se passe en 1981 où, par le plus grand des hasard, il répond à une annonce du journal "Télérama" qui lance un concours d'écriture. Pour la circonstance, il rédige "C'est toujours les autres qui meurent" (voir ci-contre) et remporte le concours. Il se voit décerner le prix du roman noir et se fait éditer par Fayard.

S'ensuivra une série de romans à succès jusqu'en 2014 où Jean-François Vilar décède d'un cancer du poumon. 

Polar surréaliste... dans tous les sens du terme !

Sans cesse galvaudé, le mot surréaliste prend tout son sens à la lecture de "C’est toujours les autres qui meurent", premier et exceptionnel roman de Jean-François Vilar. Le fil conducteur du livre est l’œuvre de Marcel Duchamp (le père du surréalisme) sans jamais que cette lecture soit trop intellectuelle. Il se lit facilement et c’est extrêmement original. Victor Blainville le héros parisien des romans de Jean- François Vilar n'est pas un enquêteur comme les autres. Le photographe et ancien activiste trotskyste ne fait jamais ce qu'on attend de lui. D'ailleurs, il déteste les enquêtes, les flics et les mauvais scénarios. On lui donne rendez-vous passage du Caire où il découvre une femme morte dans un décor et dans une posture très étudiée. Il ne se contente pas de la prendre longuement en photo. Il faut dire que la mise en scène macabre qu'il a sous les yeux est la reconstitution fidèle de la dernière œuvre de Marcel Duchamp, Malgré lui il sera entraîné sur les pas de Duchamp et à l'intérieur même de son œuvre dans tout Paris. Alors, quand une jolie libraire lui donne un second rendez-vous, passage Vivienne, Victor s'y rend toutes griffes dehors. Bien sûr, elle s'appelle Rose. C'est la vie, d'accord. Mais quand même !

                     Alice Midal

"C'est toujours les autres qui meurent", de Jean-François Vilar.             Ma note : 18/20.