JAMES ELLROY

Ecrivain américain, né le 4 mars 1948

Fils d'un père comptable et d'une mère infirmière, venant du Wisconsin, James (de son vrai prénom : Lee Earl) Ellroy n'a pas eu un départ grandiose dans la vie. 

Premier écueil : ses parents divorcent six ans après sa naissance. On dirait aujourd'hui que c'est une situation courante. Seulement, quatre ans plus tard (le jeune Lee Earl n'a alors que dix ans), sa situation de famille intègre un drame beaucoup moins courant : l'assassinat de sa mère. Un meurtre dont le coupable ne sera jamais identifié et qui, donc, restera impuni. Ajoutez à cela que le père comptable et divorcé se retrouve avec son môme sur les bras...sans qu'il en ait émis le souhait. 

Résultat des courses : Ellroy tombe dans la délinquance. 

Livré à lui-même et pour survivre, le jeune futur roi du roman noir découvre un univers dont il fera florès. Cela commence par de simples délits et - tout de même - quelques cambriolages. C'est alors qu'il fait la connaissance de Randy Rice qui va devenir son ami (ils partagent l'amour des romans noirs qu'ils dévorent ensemble), puis l'inspirateur et le dédicataire du premier grand roman d'Ellroy : "Brown's requiem" (voir ci-contre). 

Mais avant de trouver une forme de rédemption dans l'écriture, Ellroy va connaître bien des avatars. A 17 ans, il est viré de son collège. Il s'engage dans l'armée. Son père décède, ce qui ne change pas grand chose à l'orientation que prend sa vie. Cambriolages et petits larcins se succèdent. Avec Randy, il partage l'addiction à la drogue et à l'alcool. 

La totale !

Jusqu'au jour où Lee Earl, alias James, prend conscience du gâchis de sa vie. La rédaction de "Brown's requiem" agit tel un stabilisateur. En 1978, il trouve un (vrai) travail en qualité de caddy au golf de Los Angeles. Comme par hasard, le personnage de "Brown's requiem" est aussi un caddy ! "Death trip" confirme le début d'une grande carrière littéraire, carrière qui va s'envoler avec la parution du "Dahlia noir". Comme dans "Brown's requiem", on y retrouve une allusion autobiographique puisque cet immense succès retrace le meurtre, particulièrement sadique, d'une starlette des années 40 : Elizabeth Short. Comme celui de sa mère, il n'a jamais été élucidé ! 

James Ellroy est connu pour son caractère difficile et imprévisible. Disons qu'il a descirconstances atténuantes. Quoi qu'il en soit, son oeuvre est un édifice majeur dans l'histoire du roman noir. Même si les derniers sortis me paraissent un peu bâclés et très inférieurs aux premiers. 

A l'age de 70 ans, après la publication de succès considérables comme "LA confidential" , dont on a tiré un film aussi passionnant que le livre, "Le Dahlia noir" et "American tabloïd", entre autres, ainsi que l'écriture de nombreux scénarios, James Ellroy a bien le droit de se reposer. 

                          "Le grand nulle part"... destination talent !

Avec "Le grand nulle part" ("The big nowhere"), on entre dans la grande période Ellroyienne. Ce roman très noir nous fait visiter les égouts de la corruption et du crime à Los Angeles. Sur fond de revendications syndicales dans le monde du cinéma hollywoodien et d'infiltrations communistes au sein d'une société ultra-capitalisée. 

Ce n'est pas une lecture distractive (si l'on veut se détendre, il ne faut pas lire Ellroy) mais c'est du grand art. On ne se remet pas facilement de ce roman, il laisse des traces. La preuve : je l'ai lu il y a un certain nombre d'années et je vous en parle comme si je venais de tourner la dernière page ! 

Mais, ne sont-ce pas là les "symptomes" de la grande littérature ? N'est-ce pas ce qu'on attend d'une oeuvre littéraire ? Qu'elle laisse des traces qui marquent toute une vie de lecture....

En résumé et sans aller plus loin (foin de palabres sur une oeuvre qui n'en a pas besoin), je dirai que c'est un des deux ou trois exemples de ce que le "maître de la noirceur absolue" a fait de mieux. Pour terminer sur un note humoristique, le noir absolu me fait penser aux pubs sur le chocolat. La comparaison s'arrête là !...

"Le grand nulle part", de James Ellroy.                                         Ma note : 19/20. 

Un "requiem" qui annonce une... naissance. 

Brown's requiem est un roman passionnant qui vous prend aux tripes. C'est ce qu'on appelle une oeuvre de jeunesse... mais Ellroy n'a pas eu besoin de se "faire la main". Dès le début, il signe une oeuvre majeure. 

Tous les ingrédients du thriller noir figurent déjà entre ces pages. Avec une fin qui tient en haleine et ne vous permet de souffler qu'après avoir tourné la dernière page. Ce n'est pas aussi noir que les romans suivants... mais il n'en demeure pas moins que ce bouquin nécessite (déjà) un certain temps de récupération. 

Et, bien sûr, le clin d'oeil du livre à la première profession (reconnue) de l'auteur : caddy au golf de LA, ne passe pas inaperçue. Il a vécu un peu la même expérience que Pete Dexter, autre auteur de sa génération, lui aussi assez... marginal (voir sa page). Leur style se ressemble ; il est très carastéristique de l'époque. 

"Brown's requiem", de James Ellroy.           Ma note : 19/20. 

Un roman... expérimental ?

J'avoue que j'ai été complètement déstabilisé par la lecture de "The cold six thousand". A tel point que je n'ai pu finir la dite lecture. J'ai même eu du mal à atteindre les cent pages... soit même pas un sixième de cet énorme pavé. 

Je pense que Ellroy a voulu se lancer dans une expérience à travers cet ouvrage qui raconte les tenants et aboutissants de l'enquête sur l'assassinat de JFK. Un de plus me direz-vous ? Certes... mais je ne pense pas que celui-là ressemble à beaucoup d'autres. 

Tout cela pour dire que le style (composé de phrases très courtes et répétitives) a très vite rongé l'intérêt que je pouvais ressentir pour ce bouquin, ainsi que l'admiration aveugle que j'éprouvais pour son auteur. 

Une oeuvre très difficile à ne pas mettre dans toutes les mains (pas les miennes, en tout cas).

"The cold six thousand", de James Ellroy.                      Ma note : 10/20