FABRICE DAVID

Ecrivain français né à Paris, le 17 avril 1970.

Fabrice David est journaliste au service des sports de TF1. Il agit en qualité de reporter pour l'émission "Téléfoot". Ce qui l'amène à sillonner la France du football et notamment les régions déshéritées où de petits clubs se battent pour exister, voire survivre.

On est loin du PSG et de l'OM !

C'est dans ce contexte que Fabrice a entrepris son clavier pour calquer son imaginaire sur des cadres de vie qui lui sont familiers. Et chez lui, l'imaginaire est pire que la réalité. Dix fois pire ! Il faut l'avoir lu pour le savoir. Cet homme jovial, à l'humour ravageur, trempe sa plume dans l'encre noire.  

Encore novice dans l'écriture ("Au pays des barbares" est son troisième roman), Fabrice David s'est d'ores et déjà installé - j'ose dire confortablement - dans un genre où il ne rencontre que peu de concurrence : le "noirissime" dans ce qu'il a de plus sordide. 

                               Un roman haut en couleur !

"L'homme gris" est de la même veine que "Au pays des barbares" (voir ci-contre), sans toutefois l'équivaloir. C'est le deuxième roman de Fabrice David, la matière est là, mais il n'est pas aussi abouti que le suivant. 

Pourtant, la marque de l'auteur (son sceau) est déjà bien présente, pour ne pas dire prégnante. Nous sommes en Normandie profonde, loin de Deauville, de ses planches, de ses paillettes. Le héros éponyme correspond à l'image que le titre laisse entrevoir. C'est un paumé, insignifiant, transparent, qui n'existe qu'à travers sa non-existence. 

Un homme sans couleur, ni saveur. Ni blanc ni noir. Gris, quoi ! 

Jusqu'au jour où.... Comme c'est un polar, on se doute que le gris finira par virer au noir. Mais Fabrice David nous amène ça avec un tel naturel qu'on finit par s'habituer à l'horreur, tant on y est préparé. 

"L'homme gris" (Blackout), de Fabrice David.                                                                                            Ma note : 16/20.

Au pays de l'extrême bêtise....

Après avoir lu "Au pays des barbares", on se dit que les hordes barbares du Moyen-âge n'étaient pas... si barbares que ça.

Comme il en a l'habitude (et plus encore), Fabrice David nous emmène dans le pays de l'extrême bêtise. Là où, précisément, elle confine à la barbarie. D'où le titre. Ce livre m'a fait penser à la saillie d'un glorieux inconnu : "Je préfère le méchant au con car le méchant, lui, il se repose". 

Les personnages de David sont cons à un point qu'on n'ose imaginer. Et comme ils ne se reposent jamais (l'auteur les dote d'une énergie mortifère), ils font plus de dégâts qu'un gang organisé. Le lecteur nage dans la piscine olympique des paumés et des minables. Au fond, ils ne sont même pas complètement pourris... mais le fond est si bas et la surface tellement glauque qu'il faudrait être docteur en anthropologie pour voir briller une petite lumière. 

Les "héros" du bouquin justifient cette célèbre réplique d'Audiard : "Les cons, ça ose tout. C'est à ça qu'on les reconnait". 

Je le dis tout net : ce n'est pas mon genre de polars. Et pourtant, je me suis régalé en le lisant. Sans effort. Le style de Fabrice David est à l'image des lieux qu'il décrit : sans fioritures. Des lieux lugubres, sinistrés, qu'on a hâte de traverser si tant est que les hasards de la vie nous y égarent. 

Que les Ardennais ne lui en veuillent pas, la connerie est partout. Ce n'est pas Audiard qui l'a dit... mais il aurait pu. 

"Au pays des barbares" (Plon), de Fabrice David.                                                      Ma note : 18/20.