DECLAN HUGHES

Ecrivain irlandais, né à Dublin en 1963.

Declan Hughes a commencé sa carrière littéraire par le théâtre. D'abord, en qualité de metteur en scène puis comme fondateur de la Rough magic company pour laquelle il a écrit huit pièces en vingt ans. Parmi celles-ci, on notera une adaptation du Tartuffe de Molière. 

Sa vie de romancier commence par un coup d'éclat. Son premier roman, "Coup de sang" ("The wrong kind of blood", voir ci-contre), obtient le Prix Européen du polar en 2011. A ce jour, il est l'auteur de six opus, tous très noirs, qui s'articulent autour de la personnalité charismatique de son détective récurrent, Ed Loy. 

Un personnage qui, semble-t-il, lui ressemble beaucoup. 

Avec "The dying breed", Declan Hughes et le polar irlandais atteignent les sommets. Du très lourd ; du noir intégral. Déconseillé de le lire avant de s'endormir. De quoi est-il question ? Dans le désordre : d'inceste, de consanguinité, de viol, de religion (c'est à la mode... mais Hughes est arrivé avant), de meurtre bien entendu, mais aussi de petite délinquance, de sauvagerie, d'une perte totale de repères ainsi que - nous sommes en Irlande - d'alcoolisme. Ah, j'oubliais - comme si l'on pouvait l'oublier - il y a aussi la drogue, non celle qui se blottit dans l'ambiance feutrée des palaces, celle qui tue dans les caniveaux. 

L'intrigue se déroule dans le monde du turf irlandais. Donc, en sus de ce qui est écrit au-dessus, Hughes nous donne une image noire et violente du Sport des rois. On ne rencontre pas beaucoup de majesté dans "The dying breed", mais plutôt des rois de l'arnaque, de la dope... avec les inévitables bookmakers. Et l'on retrouve, en second plan, quelques personnages de "Coup de sang" (voir ci-contre), pas des plus sympathiques, on s'en doute. 

"The dying breed" est un roman puissant, violent, écrit avec les tripes de ses personnages dont on se doute que l'auteur est l'un d'eux. Notamment, le narrateur Ed Loy, héros de "Coup de sang". Le style est tellement réaliste, tellement irlandais, qu'il est dur de "rester assis" dans son douillet fauteuil parisien. 

On n'en sort pas indemme. 

"The dying breed", de Declan Hughes.               Ma note : 20/20. 

"The wrong kind of blood"... the right kind of book !

Je ne connaissais pas Declan Hughes, un auteur irlandais qui a commencé par le théâtre, avant de s'attaquer au polar... eh bien, j'ai pris un grand coup de poing dans la gueule ! 

Pour un premier roman, je ne dirai qu'une chose : chapeau Mr Hughes ! 

"The wrong kind of blood" (allusion à la mort de la fille du narrateur qui n'a pu être sauvée à cause d'une transfusion sanguine inadéquate) raconte la corruption immobilière à Dublin où la pègre se mélange à la délinquance en col blanc. Il y est aussi question de lourds passé familiaux où les cadavres se mettent à parler. Comme R.J. Ellory, Hughes va plus loin que le polar dans l'analyse des sentiments humains. On peut parler ici de grande littérature. 

On a envie de remettre le couvert, sur les traces de Ed Loy, le privé récurrent de Hughes qui se raconte à la première personne du singulier. Comme tous les Irlandais (ou presque), il boit sec, encaisse les coups et participe d'un mélange de brutalité, d'inconscience et d'infinie tendresse.

"The wrong kind of blood" (traduit en Français pour la Série noire, sous le titre "Coup de sang") de Declan Hughes.               Ma note : 19/20