DANIELLE THIERY

Ecrivaine française, née le 15 octobre 1947 à Viévigne (Côte d'or).

Danielle Thiéry avait tout pour faire une bonne flic. Une bonne romancière, pas forcément. Et pourtant....

Son père était lui-même policier et son frère, CRS. La jeune Danielle va donc, tout naturellement, se lancer dans des études de droit qu'elle complètera en qualité d'éducatrice spécialisée. Mais la tradition familiale la rappelle à l'ordre. En 1969, elle devient inspectrice puis, un peu plus tard, chef de la brigade des stups à la sûreté de Lyon. En 1976, elle est une des premières femmes à accéder au grade de commissaire. En 1986, elle dirige la sécurisation du tunnel sous la Manche. Puis, elle pacifie les trains de banlieue. Vaste programme, comme dirait le Général de Gaulle ! Elle se spécialise aussi dans la sécurité des aéroports. 

Ces réussites, au plus haut niveau dans des secteurs particulièrement "sensibles", l'amènent à devenir la première femme commissaire divisionnaire de France. 

Sa carrière littéraire commence en 1990. Dans un premier temps, on lui doit surtout des scénarios pour la télé, comme "Quai n°1" sur France 2. Son premier polar, "Mauvaise graine", paraît en 1997. Des lors, les succès vont s'accumuler et les prix littéraires vont pleuvoir : Prix du polar de Cognac et Prix Exbrayat pour "Mise à mort" et Prix du Quai des orfèvres 2013 pour "Des clous dans le coeur". 

Mariée et mère de deux enfants, elle se prévaut aujourd'hui d'une bibliographie aussi riche qu'abondante. De toute évidence, elle fait partie des écrivaines les plus renommées en France, dans le genre du roman policier. 

                        Oserez-vous vous aventurer dans l'enclos des lions ?...

Des ossements d'enfants sont retrouvés dans l'enclos des lions du zoo de Vincennes. La criminologue Alix de Clavery fait alors le rapprochement avec la disparition de la petite Swan au zoo de Toiry six ans plus tôt.

Je n'ai jamais été déçue par les écrits de Danielle Thiéry et c'est encore le cas avec "Féroce". On retrouve l'équipe de flics des précédents même si le lire individuellement n'est pas gênant. Avec son écriture fluide et sa connaissance du sujet, l'auteur fait de cette brique de 540 pages un récit qui se... dévore littéralement. L'ouvrage porte bien son titre mais ne sont pas les plus féroces ou cruels ceux qu'on pense ! Mais vous le savez sûrement. Quand Danielle Thiéry dégaine sa plume, elle ne laisse aucun répit, ni temps mort. Les enquêtes s'entremêlent dans un rythme effréné avec des rebondissements inattendus et c'est avec regret qu'on voit arriver le point final. Par contre, vous ne verrez plus les zoos avec le même regard.

Oserez-vous vous aventurer dans l'enclos des lions?

                                                                                                                                  Nathalie Friquet.

"Féroce" (Flammarion), de Danielle Thiéry. 544 pages                                                                              Ma note : 18/20

                             Un thriller débordant... d'action !

Nous n'ignorons plus rien du talent et de l'expertise de Danielle Thiéry en matière de criminologie romanesque. La question que je me suis posée est : pouvait-elle encore nous étonner ? La réponse est OUI !

Dans "Crimes de Seine", l'ancienne commissaire divisionnaire, reconvertie dans l'écriture, se pose en spécialiste du roman catastrophe. Certes, l'intrigue garde l'axe d'une enquête criminelle, mais ici, le décor prend une place prépondérante dans la mesure où la Seine,  ses à l'aune de ses débordements incontrôlés, est un personnage principal... et pas des plus sympathiques ! 

Cela dit, la lecture du roman est haletante, les scènes s'entrecroisent à une vitesse folle, les personnages ont toujours autant de relief et - originalité de l'oeuvre - l'héroïne récurrente de Danielle Thiéry est totalement passive, comme figée dans le temps. Vous comprendrez pourquoi dès les premières pages. 

Je ne vous en dit pas plus. Précipitez-vous sur "Crimes de Seine"... sauf peut-être si vous êtes riverain du fleuve. C'est sûr que vous ne reconnaîtrez pas la Seine des poètes et des impressionnistes !

"Crimes de Seine" (J'ai lu), de Danielle Thiéry.                                                                                                 Ma note : 19/20.

Aucun tabou pour le talent

"Tabous" est un thriller social et psychologique de très, très haute qualité. 

Ce n'est pas mon genre préféré et, de ce fait, "l'allumage" a été plutôt difficile. Mais j'ai vite compris que l'auteure n'a pas son pareil pour faire monter la sève. La progression est lente, régulière mais, arrivé dans la dernière centaine de pages (dans la dernière ligne droite, on dirait chez moi), on réalise que sa tête (et même son corps) est aux prises avec une drogue dure. 

L'emprunte de la femme flic est très forte (voir biographie, ci-contre). L'expertise, la technicité du vocabulaire et des détails nous plongent dans un monde de pros. Aucune place pour l'amateurisme. Ni pour la fantasmagorie. La fiction est sous contrôle. Ce pourrait être une histoire vraie. 

Les personnages, eux, sont vrais. Criants de réalisme. L'intrigue manque de suspense, on devine facilement la fin, mais le lecteur n'est pas appelé à découvrir une énigme. Danielle Thiéry ne se prend pas pour Agatha Christie. Elle joue dans une autre cour. Je dirais presque... à talent égal. 

Presque. 

"Tabous" (Ombres noires), de Danielle Thiéry. Ma note : 19/20.

   Un sujet atypique.

Paris - La commissaire Marion est confrontée à une série de crimes atroces. Des femmes sont mutilées, certains de leurs "défauts" physiques étant remplacés pour en faire des créatures parfaites. En parallèle, une maison close d'un nouveau genre fait son apparition, les filles sont......des poupées en silicone très réalistes.

C'est un vrai plaisir de retrouver Edwige Marion, l'héroïne de Danielle Thiery. Même si le sujet est atypique, l'histoire reste plausible sans tomber dans le sensationnalisme et la prostitution traitée d'une manière délicate. Inutile de vous préciser qu'avec un tel sujet, le récit est assez glauque, mais la réalité ne dépasse-t-elle pas souvent la fiction? L'auteure ne se focalise pas que sur l'intrigue mais aussi sur la vie personnelle de Marion, ce qui la rend humaine et presque ordinaire. Les chapitres courts permettent au rythme d'être soutenu de bout-en-bout même si ça ne tire pas à toute berzingue. J'en ai lu des thrillers et polars et pourtant j'ai appris une nouvelle technique de recherche : l'odorologie que je vous laisse découvrir.

Conclusion, si vous ne connaissez pas encore ce commissaire, il faut y remédier !

                                         N.F.

"Sex doll", de Danièle Thiéry. 

Flammarion/Versilio (2 mai 2019) 

                                   Ma note : 17/20