Arnaldur Indridason

Auteur islandais né à Rekjavik le 28 janvier 1961.

Diplômé en histoire (son oeuvre en est imprégnée), Arnaldur Indridason a été critique de cinéma avant de se lancer dans l'écriture romanesque. Le succès fut quasiment immédiat. Aujourd'hui, l'auteur finlandais est traduit dans quarante langues et compte douze millions de lecteurs. Certes, il a surfé sur la vague de popularité qu'ont connue les polars nordiques dans les années 2000... mais son oeuvre est suffisamment originale et personnelle pour qu'on ne puisse y attribuer la seule clé de sa réussite. 

Décoré de nombreux prix littéraires (Prix Clé de verre à deux reprises, Prix des lecteurs de "Elle", Prix du polar européen, etc), Indridason a connu son apogée littéraire avec sa célèbre "Trilogie de l'ombre". Il met en scène un personnage récurrent, Erlendur Sveinsson, commissaire de police à Rekjavik, qui se fond admirablement dans des intrigues glaciales. La lenteur des enquêtes, mâtinée d'invariables problèmes familiaux, n'a d'égale que la sagacité de celui qui les mène... toujours à terme. 

Et, comme je le disais plus haut, l'histoire se mélange au présent ; notamment les pédiodes de la guerre froide ou de la seconde guerre mondiale. Il y est aussi parfois question d'espionnage... plus proche de John Le Carré que de James Bond. 

On l'a compris, l'atmosphère des romans d'Arnaldur Indridason est aussi lourde et noire qu'un ciel islandais.  

                                Un souffle glacial....

"L'homme du lac"  est le premier roman d'Indridason que j'ai lu. J'ai été immédiatement conquis.

Ce n'est pas vraiment ce qu'on appelle un "page turner" mais, bizzarement, la légèreté de l'écriture est inversement proportionnelle à la lourdeur de l'atmosphère, voire à la lenteur de l'action. Parfois, on se croirait dans un film au ralenti... mais on n'a pas envie que ça s'accélère. On veut faire durer le plaisir ! 

C'est là le tour de force d'Arnaldur Indridason. 

L'originalité de ce roman réside en de nombreux flash-backs en Allemagne de l'Est durant la guerre froide. L'ambiance y est encore plus glaciale et c'est ce... fluide glacial qui nous revient en pleine gueule et nous permet de démêler l'énigme de ce cadavre retrouvé dans un lac polaire, avec la complicité du commissaire Sveinsson, évidemment ! 

Un grand moment de lecture.

"L'homme du lac", d'Arnaldur Indridason (Métailié éditions).

Ma note : 19/20. 

                                 Froid dans le dos....

"Hypothermie" est plus statique, plus "islandais" que "L'homme du lac". Peut-être plus psychologique aussi car le manque d'action y est compensé par une exploration des personnages (y compris celui du commissaire Sveinsson) assez... perforante. 

Cela ne veut en aucun cas dire que je l'ai moins apprécié. C'est différent, tout simplement... mais la patte de l'auteur est toujours là, rassurez-vous ! Pour qui aime la gastronomie glacée (je n'ai pas dit surgelée !), c'est un délice de fin gourmet. 

Il est vrai qu'une boisson bien chaude est recommandée en fin de lecture... ne serait-ce que pour sortir de cette "Hypothermie".

"Hypothermie" d'Arnaldur Indridason (Métailié éditions).

Ma note : 18/20.